The United Church of Canada/L'Église Unie du CanadaPour la première fois, le Canada reconnaîtra officiellement la tragédie peu connue de la Déportation acadienne (le Grand Dérangement) commencée en 1755, et dont on commémore le 250e anniversaire cette année.
Entre 1755 et 1760, 12 0000 Acadiens et Acadiennes voient leurs villages brûlés, leurs bestiaux confisqués et détruits et sont exilés de force.
Plusieurs d'entre eux et elles sont déportés en Nouvelle Angleterre et dans les colonies du sud, d’autres en Angleterre et en France, d’autres dans les Caraïbes, et plusieurs sont vendus comme esclaves.
Des 12 000 personnes déportées, plus de 4 000 meurent. À la fin de ce processus de cinq ans, seulement 150 sur 12 0000 Acadiens et Acadiennes restent dans ce qui était l’Acadie.
Des milliers ne reverront jamais leurs proches. Plusieurs milliers se rendent en Louisiane pour repartir à zéro. D'autres passent leur vie à la recherche des membres de leur famille et referont le long voyage vers le pays qui était le leur pendant sept générations.
Le Grand Dérangement met fin au traité le plus longuement respecté (plus de 150 ans) en Amérique du Nord avec un peuple des Premières Nations.
Cette histoire est aussi la nôtre comme Église Unie du Canada. Certaines de nos églises d’aujourd’hui se trouvent sur le territoire où quelques-uns de nos ancêtres spirituels d’Acadie sont aussi enterrés. La présence protestante dans le Nouveau Monde a commencé en 1604 avec le fondateur de l’Acadie et de la Nouvelle France, Pierre du Gua, Sieur des Monts, qui était lui-même un Huguenot comme plusieurs de ses 78 compagnons. Nous en conservons la mémoire aujourd’hui afin de bâtir des ponts de guérison et renouer des relations justes entre les peuples qui souffrent encore aujourd’hui des conséquences de la tragédie du Grand Dérangement. Nous voulons aussi saisir cette occasion de favoriser un nouveau dialogue entre les Acadiens, les Premières Nations et les Peuples anglophones.