The United Church of Canada/L'Église Unie du Canada… ne faites rien par ambition personnelle ni par vanité; avec humilité, au contraire, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres.
Philippiens 2,3–4
Relisez lentement Philippiens 2,1-11, le contexte de l’extrait ci-dessus.
Le «je-me-moi» individualiste triomphe actuellement dans notre société de consommation, la chose est abondamment commentée. Après tout, cela semble bien raisonnable de reprendre à notre compte l’adage suivant: «Charité bien ordonnée commence par soi-même». De plus, rappel de la religion moralisatrice et culpabilisante d’autrefois, nous réfutons immédiatement toute approche qui questionne l’incontestable légitimité de nos désirs, de l’actualisation de notre plein potentiel, comme de notre droit à tout tenter pour atteindre le succès et la réussite.
L’extrait biblique, proposé plus haut, ne serait-il qu’un relent du contrôle clérical de jadis ? À une première lecture, on pourrait être porté à le croire. Toutefois, le contexte du passage nous fournit la clé d’une interprétation qui, loin d’être rabat-joie et mortifère, nous découvre la toile de fond de notre existence. Ayez entre vous les dispositions qui sont en Jésus-Christ. Toutes et tous interreliés: notre véritable épanouissement personnel est indissociable de la prise en compte de l’autre, de sa promotion, de son bien-être, aussi importants que les nôtres. Le mouvement international d’indignation à l’automne dernier ne clamait pas autre chose.
En toi, Christ, l’autre m’est aussi intime que moi-même. Garde-moi à jamais solidaire par ton Esprit.
Par Denis Fortin