The United Church of Canada crest /L'Église Unie du Canada
3250 Bloor St. West, Suite 300
Toronto, ON M8X 2Y4 Canada
Toll-Free: 1-800-268-3781
Fax: 416-231-3103
Website: www.united-church.ca
Loading
Quick Links

Press Releases

Une fillette canadienne risque la mutilation génitale

Mardi le 29 mai 2007

Toronto : Aucune mère ne devrait avoir à faire ce choix : être forcée d’abandonner sa fille qui est née au Canada alors qu’elle-même est déportée dans son pays d’origine, ou prendre sa fille avec elle et lui faire courir l’énorme risque d’une brutale mutilation génitale sans possibilité de la protéger.

C’est exactement ce qui attend Oumou Touré, une Guinéenne de 23 ans, si les responsables de l’immigration canadienne ne reconsidèrent pas leur décision imminente d’ordonner son expulsion du Canada.

Madame Touré, elle-même victime de mutilation génitale quand elle était petite, a deux jeunes enfants qui sont nés au Canada, Fanta, une fille de 2 ans et demi, et John-Fodé, un fils de 9 mois.

Les éléments de preuve à l’appui de la conviction de madame Touré à l’effet que sa fille sera soumise à cette cruelle pratique de mutilation génitale sont solides. Selon des sources d’information des plus crédibles, y compris le Département d’État aux États-Unis, l’UNICEF et des sources publiques guinéennes, le taux de mutilation génitale féminine en Guinée-Conakry se situe entre 96 et 98 pourcent.

« La preuve documentaire démontrant que les fillettes sont soumises à cette pratique horrible malgré l’opposition de leurs parents est plus troublante encore », dit Heather Macdonald, la coordonnatrice du programme sur les réfugiés et l’immigration de l’Église Unie du Canada.

Madame Macdonald souligne en particulier les conclusions d’une étude menée par la Société internationale pour les droits de l’homme intitulée : Guinea : Not the parents but the larger family circle decides on genital mutilation (En Guinée, ce ne sont pas les parents mais le cercle de la famille élargie qui décide de la mutilation génitale). Elle décrit comment les fillettes sont invitées à passer des vacances chez leurs grands-parents ou ailleurs dans leur famille, ou sont kidnappées à l’école pour être mutilées sans que leurs parents le sachent ou le permettent.

Elle poursuit en expliquant que, dans le cas de madame Touré, sa fille n’était pas encore née au moment de l’audience par la Commission de l'immigration et du statut de réfugiée. Sa première demande auprès de la Commission pour cause humanitaire et de compassion contenait peu d’éléments démontrant le risque de mutilation génitale. Lorsque sa cause a été rejetée en août 2006, madame Touré a demandé une révision judiciaire de cette décision laquelle a également été rejetée. La demande d’accueil pour cause humanitaire et de compassion est présentement devant le bureau de Montréal du ministère Citoyenneté et Immigration Canada. Et ce bureau a refusé d’accélérer le traitement de la nouvelle demande.

Madame Macdonald dit que dans une récente série de lettres envoyées à Diane Finlay, ministre de la Citoyenneté et de l’immigration, l’Église Unie du Canada lui demandait d’intervenir et d’accorder un sursis de la mesure de renvoi pour que la demande de madame Touré sur des bases humanitaires et de compassion soit révisée à la lumière des nouvelles preuves concluantes pour qu’elle demeure au Canada.

« Nous croyons que l’avenir de cette famille – de cette petite fille en particulier – est entre vos mains. Nous sommes disposés à travailler avec vous et à vous fournir toutes les assurances nécessaires afin que cette enfant canadienne demeure en sécurité. Veuillez nous faire connaître ce que nous pouvons faire pour vous aider à faire progresser le dossier », écrivait madame Macdonald.

Jusqu’à maintenant, aucune réponse n’a été reçue à ces demandes.

Madame Macdonald explique que la mutilation génitale est illégale au Canada et qu’elle est condamnée presque partout dans le monde comme une forme d’abus physique atroce. C’est la raison pour laquelle l’Église Unie s’est jointe à d’autres groupes comme Amnistie Internationale et le Bureau international des droits des enfants pour soutenir Oumou Touré et sa famille.

« Oumou ne veut pas être séparée de ses enfants et les laisser derrière sous la tutelle de l’État », dit madame Macdonald. « Mais elle ne veut pas non plus exposer sa fille à ce risque à son arrivée en Guinée. Nous appuyons sa décision et nous demandons au Canada d’intervenir pour protéger les plus jeunes de nos citoyens, nos enfants. »

Last updated:
2007/05/30
Created:
2007/05/30