The United Church of Canada/L'Église Unie du CanadaOn appelle églises chrétiennes les églises qui confessent Jésus-Christ comme Seigneur, Fils de Dieu, à la fois pleinement humain et image de Dieu. Les églises protestantes se situent dans la diversité des confessions chrétiennes. Elles sont nées d’un courant de réformes successives au XVIe siècle, dans un élan de “protestation” contre ce qui apparaissait dans le fonctionnement et les croyances de l’Église comme contraire à l’Évangile, oppressantes et niant la liberté humaine ( réfléchir, penser et agir par soi-même en lien avec les autres). On trouve parmi les églises protestantes une grande diversité, mais il est possible au sein de cette Famille, de dégager certaines grandes lignes qui leur sont communes et spécifiques.
Parmi les points caractéristiques, les Écritures comme source de la foi, représentent certainement un aspect central du protestantisme. On y trouve également entre autres la notion de souveraineté de Dieu et celle de responsabilité personnelle, le salut par la foi et le ministère de tous les croyants. D’autre part, l’autorité dans l’Église qui constitue une question majeure est reliée à plusieurs de ces différents aspects et se vit de façon démocratique, chaque croyant ayant une voix à exprimer et à faire valoir.
Il est assez généralement connu que les protestants font une large place à l’écoute, à l’interprétation et à la méditation des Écritures. La Bible est comprise comme source de la connaissance de Dieu. Par la vie et l’œuvre de Jésus-Christ, à cette lumière l’Ancien et le Nouveau Testament prennent tout leur sens. Ainsi, pour les protestants, l’autorité des Écritures prime sur toute autre autorité humaine pour chacun des croyants, pour la communauté de foi et pour l’Église dans son ensemble. La tradition et l’enseignement de l’Église ainsi que les lois et les pouvoirs naturels, sociaux et politiques y sont subordonnés.
L’approche protestante de l’interprétation des Écritures se pose comme une interpellation critique pour le croyant; elle suscite une remise en question de sa façon de comprendre et de vivre l’Évangile. Elle représente une véritable confrontation avec le message porté par le texte et non un moyen de légitimer des pratiques, des coutumes, des rites ou des doctrines établies. Elle tient compte de ce que les textes signifient dans le contexte (historique, culturel, social, etc.) où ils ont été formulés et écrits. Ainsi, il s’agit d’interpréter et de contextualiser un texte et non de l’appliquer littéralement. Notre expérience de vie fait aussi partie du processus d’interprétation du sens de la Parole de Dieu pour aujourd’hui. L’interprétation vivante des Écritures se renouvelle avec chaque génération et inclut aussi une volonté de rigueur de lecture scientifique, spirituelle, existentielle (vécue) et historique.
L’interprétation des Écritures est fondée sur l’inspiration du Saint Esprit qui permet aux individus aussi bien qu’à la communauté de comprendre, d’assimiler et de vivre le message biblique. En somme, « de papier »la Parole et le Message deviennent vie en nous! En matière de doctrine ou d’éthique, la Bible ne fournit pas de recettes ou de formules toutes faites aux divers domaines de la vie : politique, scientifique, sociale, et même religieuse. Les Écritures invitent plutôt au Dialogue, avec Dieu, notre conscience, les autres, le monde où nous vivons. Elle pointe vers la présence de Dieu parmi nous, pose des questions et nous invite à vivre en plénitude. Les Écritures nous affirment l’Amour de Dieu, sa Grâce inconditionnelle, son pardon sans limite, et sa Justice. La Bible fait autorité dans la vie des croyants, non par ce qu’elle commande, mais par ce qu’elle autorise à espérer, à vivre librement et de façon responsable. . Ainsi, le croyant doit toujours faire un choix qui lui rappelle sa responsabilité personnelle face à Dieu et face aux autres. Le fait de ne pas disposer de réponses toutes faites peut sans doute être parfois insécurisant mais créateur, juste et respectueux: cette attitude difficile respecte à la fois la souveraineté de Dieu et la liberté de conscience et d’action de l’être humain.
À la lumière des textes bibliques, l’Église protestante remet constamment en question ses structures, ses institutions, sa pensée et sa vision du monde. Elle n’admet pas de position ecclésiastique qui dicterait au croyant ce qu’il doit croire et ce qu’il doit faire. Les églises de la Réforme se veulent ouvertes à une réforme constante en prise avec le monde où l’on vit et avec ses nouveaux défis.
En outre, la structure de l’église protestante n’est pas hiérarchique mais démocratique et représentative: l’autorité n’y est pas exercée par une seule personne. Elle est plutôt exercée par des conseils ou des assemblées. Le ministère pastoral y est considéré comme un ministère particulier d’accompagnement et d’enseignement mais il n’existe pas de privilège réservé à une catégorie particulière de chrétiens, comme le clergé par exemple. Le rôle des pasteurs n’est pas fondamentalement différent de celui des autres chrétiens dans l’Église. Les pasteurs assument certaines responsabilités, comme les laïques en assument d’autres (catéchètes, diacres, etc.). Les protestants insistent beaucoup sur le sacerdoce universel de tous les chrétiens qui sont également « prêtres » par le baptême et par la foi.
Chacun prend également part à la mission évangélique de l’Église par les paroles et par les actes.
L’institution ecclésiastique est vue comme un moyen humain pour chercher à vivre et transmettre l’Évangile, c'est-à-dire la Bonne Nouvelle et l’amour de Dieu. Elle ne peut prétendre revendiquer aucune infaillibilité doctrinale, car la compréhension de Dieu et du monde où l’on vit sont en évolution (en processus) permanents et l’Esprit continue d’agir . L’Église-institution est au service de l’Église visible humaine qui est vie et « un événement » et un témoignage en devenir permanent. L’Église fidèle vit là où l’Évangile est annoncé et vécu et les sacrements sont administrés conformément à cet Évangile d’Espérance et de Libération. Là où il y a abus, domination, exploitation il n’y a pas d’Église vivante, mais un caricature institutionnelle qui ne saurait lier les consciences des croyants. Du point de vue protestant, il n’y a donc pas de modèle immuable pour l’organisation de l’institution ecclésiastique. L’accent est mis sur la transmission fidèle du message évangélique, sur son vécu et son témoignage à la fois personnel et public (la justice).
D’une manière générale, la vision protestante ne s’accorde pas avec l’idée selon laquelle la rencontre avec Dieu se fait dans des lieux, des temps ou sous des formes privilégiés, en particulier dans des sanctuaires. Dieu est omniprésent et Libre. Seule la participation à la vie d’une communauté de foi centrée sur l’écoute de la Parole et son vécu peut fournir un moyen de nourrir et d’approfondir la foi. Les temples, images, fêtes, pèlerinages et pratiques religieuses diverses n’ont pas pour les protestants de fonction de rapprochement de Dieu ou de valeur en soi. Ce sont des moyens humains que l’on se donne pour exprimer ses croyances. Les Églises protestantes ont plutôt choisi la sobriété et la simplicité des pratiques et l’accent à été mis sur le sens de ce que l’on vit et croit.
Dans le protestantisme le chrétien est en relation directe avec Dieu, sans intermédiaires. C’est pourquoi on prie en « tutoyant Dieu! ». Les protestants n’accordent de fonction médiatrice ni à Marie, dont ils admirent cependant la foi , l’humilité et le courage, ni à d’autres personnes qui ne reçoivent d’ailleurs pas de statut particulier (saints et saintes) dans cette vie ou dans l’autre. Ils s’inspirent volontiers de leur exemple mais ils ne les prient pas. La prière s’adresse à Dieu seul et directement. Nous sommes tous et toutes en marche vers notre propre humanisation comme enfants de Dieu et chacun et chacune doit faire sa part, son chemin et grandir dans son humanité d’Enfant de Dieu.
Pour les protestants, le culte ou la célébration est l’assemblée des fidèles réunis pour la proclamation de l’Évangile, pour la prière et la célébration (louanges et chants). Au cours des célébrations, ils/elles chantent, prient et écoutent la prédication qui approfondit leur lecture individuelle des Écritures et les recherches de sens dans la vie de chaque jour. Le culte/célébration constitue une louange communautaire en Église, en réponse à la grâce de Dieu. La liturgie(le déroulement) du culte/célébration peut se subdiviser en cinq parties:
Ces célébrations peuvent varier d’une Église à une autre, selon la culture, le contexte et l’assemblée.
L’église protestante reconnait deux sacrements. Ceux institués explicitement par Jésus, C'est à dire le Baptême (rite d’entrée dans la Vie Nouvelle et dans l’Église du Christ) et la Cène, la Communion (participation à sa mort et à sa résurrection et partage de Vie). Ces sacrements sont l’illustration(les signes) de la Parole vivante et de la présence de Dieu et ils tirent tout leur sens de cette Parole qui prend vie en nous. On retrouve aussi des baptêmes d’adultes car la compréhension de l’acte que l’on pose est importante pour la personne qui reçoit le sacrement- ou pour celles qui s’engagent au nom de l’enfant-. Quant à la Sainte Cène -célébrée par un(e) pasteur(e) ou un(e) laïque en ayant reçu charge-, Dieu seul invite (pas l’Église) et peut donc se poser en juge de la dignité de la personne qui y participe. Dieu discerne les cœurs et l'Église doit proclamer l’amour inconditionnel de Dieu et son pardon pour tous et toutes. Ceci est la base de l’invitation à participer à la Communion et tous et toutes, sans exclusion, sont invités à s’approcher et à prendre place au repas de la Grâce et de la Vie.
L’annonce du salut gratuit, sans condition ni punition, est central dans l’église protestante et débouche sur une foi joyeuse et confiante.. Ainsi, la foi vue comme la relation de confiance qui existe entre le croyant et Dieu est au premier plan de la vie chrétienne. La foi n’est pas un ensemble de croyances et d’opinions, mais plutôt la conviction profonde que c’est au moyen de la seule grâce de Dieu que les croyants sont sauvés et non à cause des mérites ou des bonnes oeuvres dont ils peuvent se glorifier. Cela nous libère de la « chasse au mérite »! Pour les protestants, le mérite revient à Jésus-Christ qui a fait pour les humains le don total de sa vie et la joie revient à Dieu qui les accueille dans son Royaume. Le comportement juste qui nous est demandé par Dieu et enseigné par Jésus est une conséquence de la foi en l’action première de Dieu, la conséquence d’un amour sans limite qui nous libère de la crainte d’aimer et de vivre pleinement. L’engagement protestant au service du prochain ne consiste donc pas à gagner le ciel mais à glorifier Dieu dans nos vies, à célébrer sa Justice, à bâtir et à chercher à vivre de Sa Paix. . Grâce au Christ notre foi agissante et confiante suffit pour nous mettre en chemin vers les autres dans l’amour de Dieu.
Nous sommes alors Libres. D’aimer et de servir!
C’est là le sens de la Bonne Nouvelle !